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Chagnon : de l' indo-européen " Khano " nom d' homme ou du latin "cassanu ", chêne.

Le nom de Chagnon apparaît pour la 1ere fois dans une bulle du pape Eugène 3 du 26 février 1153 qui confirme la pleine possession de l' église de Chagnon par l' abbaye d 'Ainay. (d' après J.M Philibert )

Situé sur les confins du Lyonnais et du Forez, Chagnon fut au nombres des localités dont le compte de Forez et l' église de Lyon se disputèrent la possession au XII e S.

La seigneurie de Chagnon ne fut jamais très importante et a été souvent divisée entre plusieurs coseigneurs.

Citons pour mémoire Artaud de Roussillon, fils de la fondatrice de la chartreuse de Ste Croix en Jarez, ainsi que la Mitte de Chevrière dont Jean Mitte, page de François 1er qui se distingue ensuite dans 18 campagnes en Italie et ailleurs, parmi les plus connus.

Chagnon fut érigé en commune en 1794.

Essentiellement peuplé de cultivateurs pendant plusieurs Siècles, la population de Chagnon profite de l' essor économique de la vallée du Gier au XIX Siècle en fournissant aux mines et aux usines une main d' oeuvre nombreuse surtout à la mauvaise saison et développera aussi sur place un artisanat actif de cloutiers (pierres à clous) et forgerons.

Actuellement, une douzaine d' exploitation essentiellement tournées vers l' arboriculture, produisent des fruits de grande qualité distribués le plus souvent par la vente au détail.

Dans beaucoup d 'habitations du village, on rencontre des caves coûtées creusées à même le rocher. Elles servaient et servent toujours pour certaines à conserver légumes et vin grâce à leur température constante en toutes saisons.

Certaines de ces caves se transforment en souterrains, murés quelquefois; de là à penser qu 'elles constituaient un réseau sous l 'ancien château féodal aujourd'hui disparu.

Pierre Archère:cette ouverture pratiquée dans le mur d 'une maison rénovée, visible de la rue, à droite d 'une fenêtre du 1er étage; en forme de tube renflé et arrondi à la base, permettait aux défenseurs de lancer des flèches sur les assaillants. Un des témoignage de l 'existence de l' ancien château féodal.

 

Les Seigneurs de Chagnon.

Le nom de Chagnon apparaît pour la premières fois dans une bulle du pape Eugène III, du 26 février 1153,qui confirme la pleine possession de l' église de Chagnon par l'abbaye d'Ainay Cette dépendance, reconnue de nouveau par une autre bulle du pape Innocent IV, du 17 novembre 1250,nous permet de penser, avec toute la vraisemblance désirable, que la puissante abbaye, qui avait déjà fondé un prieuré à Sait-Romain-en-Jarez, un autre à Saint-Julien, et qui possédait la chapelle de Saint-Ennemond, à Saint-Chamond, avait fondé aussi l' église de Chagnon.

Quoiqu'il en soit, ce droit de patronage d'Ainay subsiste et c'est à ce titre notamment que ,par un accord du 28 avril 1316 l'abbé Jean céda aux religieux du monastère une redevance de10 sous, sur les revenus perçus a Chagnon, pour les frais de leur nourriture et de leur chauffage.

Situé sur les confins du Lyonnais et du Forez, Chagnon fut aux nombres des localités, dont le comte de forez et l'Eglise de Lyon se disputèrent la possession au XII ième siècle. Mais le traité de 1173 attribua à cette dernière le village et son mandement, c'est- à -dire sa seigneurie. Et c'est depuis cette époque que Chagnon fut compris définitivement dans la circonscription du Lyonnais. .

La seigneurie de Chagnon ne fut jamais très importante,et cependant à toutes les époques elle a été divisée entre plusieurs coseigneurs; d'autre part, elle a passé entre les mains de tant de familles diverses que la série de ses possesseurs est parfois assez difficile à démêler. Mais bien que les souvenirs qu'on en retrouve soient assez incomplets, nous allons les rappeler ici, dans leur ordre chronologique, dans l'espoir que ce tableau pourra servir au moins de cadre à ceux qui essayeront, plus tard, de reconstitué l'histoire de cette ancienne seigneurie, à l'aide de documents nouveaux.

La famille de CHAGNON.

Il n'est pas douteux, tout d'abord, que Chagnon fut possédé , à 1'origine, par une famille chevaleresque, qui avait pris le nom de son fief. Et s'il n'est pas absolument établi que Mathie de Chagnon, qui servi d'otage pour assurer l'execution du traité de II73 appartînt à cette famille, on ne saurait le contester pour Gaudemar de Chagnon, chanoine de Lyon et chamarier du chapitre au commencement du XIII ième siècle, qui fonda, dans l' église primatiale, un autel dédié à Saint-Ignace, en y attachant une prébende au profit de deux prêtres chargés d'y célébrer le St-Office De même,doit être compté au nombre des possesseurs de la seigneurie de Chagnon, Aymar de Chagnon, qui vivait à la même époque et dont la fille, Julienne de Chagnon, épouse de Zacharie de Chevrières, testa au mois de janvier 1286.

Les REYNIER, seigneurs de Chagnon.

Déjà , dans le cours du XIII ième siècle, et contemporaine de la famille de Chagnon, existait aussi une autre famille du non de Reynier, qui possédait une moitié de la terre de Chagnon. Appartenait à cette famille,notamment Josserand Reynier, seigneur de Chagnon, qui transmit sa part de seigneurie à sa fille, Agnès,épouse d'Etienne de Saint-Priest, dit Pasturel, seigneur de Fontanes.Mais cette dernière la céda bientôt, à une date inconnue, mais antérieure à l'année I28I à Artaud deRoussillon, seigneur de Roussillon et Annonay, en échange de certains biens dont nous ignorons la consistance et sous la réserve, faite par Agnès, du douaire d'Amphilise de Saint-Symphorien, sa mère, veuve de Josserand Reynier, laquelle à sa mort survenue en l3l0,fit un legs à l'abbaye de la Deserte.

Ajoutons que dans cet acte d' échange, indépendamment de la qualité d'héritière de son père, Agnès se dit aussi héritière de Gaudemar, archidiacre de Lyon, qui n'est peut- être que Gaudemar de Chagnon cité plus haut, ce qui pourrait faire supposer que des liens étroits de parenté unissait la famille de Chagnon à celle Reynier.

Artaud de ROUSSILLON.

Artaud de Roussillon, cinquième du nom, fils de Guillaume de Roussillon et de Béatrice de la Tour , fondatrice de la chartreuse de Sainte-Croix, possédait déjà , dans le pays de Jarez, les seigneuries de Riverie, de Châteauneuf de Dargoire et de Saint Romain-en-Jarez, quand il acquit ainsi tous les droits qui avaient appartenu à la famille Reynier, au donjon et au bourg de Chagnon.Mais la possession effective de la terre de Chagnon par les Roussillon fut de courte durée. Car,au mois de décembre 1281 Artaud vendait à Girard de Mays,sous la caution de Gaudemar, seigneur de Jarez,et de Guigue de Saint-Symphorien, seigneur de Grézieu. tous les droits par lui acquit à Chagnon, en se reservant seulement ses droits de suzerainet é sur cette terre.


La famille de MAYS.

Cette famille, qui possédait aussi la seigneurie de Cuzieu, près de Montrond, avait emprunté son nom au village de ayprès de l'Argentière, qui demeura dans ses mains jusqu'au milieu du XIII ième siècle. Girard de Mays , damoiseau, devenu seigneur pour partie, de Chagnon, en 1281, figure déjà , comme garant de l'exé cution d'un traité de paix du mois de novembre 1273,par lequel Guichard. seigneur de Montagny, cède au comte de Forez un quart par indivis de la ville de Roanne, en échange d'une rente de 25 livres dans la châtellenie de Montrond. Aussitôt après son acquisition de la seigneurie de Chagnon, il rendit hommage au comte de Forez "pour subvention, cens, tailles et autres usages au château de Chagnon, droits qu'il avait acquis d'Artaud de Roussillon, pour en jouir, déclare-t-il, comme avait fait Agnès, fille de feu Josserand Reynier,chevalier,et femme d'Etienne Pasturel de Saint-Priest,aussi chevalier."

Par cet hommage,Girard de Mays ne méconnaissait point les droits de suzeraineté que s' était réservés Artaud de Roussillon, car ce dernier n'avait conservé à Chagnon qu'un simple droit d'arrière fief (post fidelitatem comitis Porensis). Nous verrons au surplus que ces droits de la famille de Roussillon furent toujours reconnus par les seigneurs de Chagnon.A Girard de Mays succéda son fils Guillaume,seigneur de Cuzieu,qui figure dans-sous la simple désignation de seigneur de Chagnon,dans l'assemblée des membres de la noblesse et du clergé, tenue à Lyon le 19 octobre 13ll,dans le palais archi épiscopal, où ils s'unirent aux citoyens de Lyon,pour protester de leur attachement au roi, Mais, d'un autre côté , Guillaume de Mays fit aussi partie des seigneurs foreziens, qui se liguèrent en 1314 avec les nobles et les communes de Champagne, pour protester contre les tailles et subventions que Philippe le Bel levait injustement sur eux.

Son fils,Girard de Mays. fut aussi, à la fois,seigneur de Cuzieu et de Chagnon. Et c'est ainsi que,le 27 Juin 1344,il se reconnut homme lige et vassal d'Aymar de Roussillon,seigneur d'Annonay et de Riverie. en déclarant tenir fie lui et de ses successeurs,tout ce qu'il pouvait posséder au ch â teau et mandement de Chagnon,

Ajoutons que les derniers souvenirs que nous avons pu recueillir de la famille de Mays, à Chagnon,est l'hommage rendu à Aymar de Roussillon,le 18 Octobre I361,par Pierre de Mays, Chevalier,seigneur de Cuzieu,qui déclare tenir d'Aymar tout ce qu'il possède à Chagnon,dans le château et le mandement.

Les GODECHAUX.

Une autre famille,qui a possédé , à la même époque,une partie de la seigneurie de Chagnon,est celle des Godechaux. Cette famille apparaît,pour la première fois dans nos annales,avec noble Hugues Godechaux,qui rend hommage au comte de Forez,au mois de Juin 1269,pour terre et seigneurie,dans les confins de la Tour-en-Jarez,Mais les Godechaux se reconnaissaient aussi vassaux des Sires de RoussilIon,auxquels ils é taient alliés;car,dans son testament du 3 Mars I299,Guigue Godechaux,damoiseau,de Chagnon, est qualifié de neveu de Gérard de Roussillon,

Dans ce même testament,Guigue Godechaux élit sa sépulture; au cimetière de Valfleury,au tombeau de ses prédécesseurs,en ordonnant qu'il serait convoqué ,pour ses funérailles,40 prêtres, auxquels il serait donné à chacun 5 sols viennois. Il institue son fils Jean héritier,et nomme tutrice de ses enfants sa femme Isabelle,dont la dot ne s' était élevée qu' à 280 livres.Il lègue à sa fille Isabelle,mariée,200 livres viennoises,en exprimant le désir que ses trois autres filles entrent en religion.

Après Guigue Godechaux,apparaît Hugues Godechaux,chevalier,qui fut choisi,en février 1302, comme arbitre,avec Thibaud de Vassalieu,archidiacre,pour ménager une transaction entre Jacques de Forez, seigneur de Saint-Chamond,et l' église de Lyon.

Hugues Godechaux testa,le 2 novembre 1322,en faveur de Briand Godechaux,son fils,en lui substituant Guigue,son autre fils Et c'est ce dernier que nous voyons,le 26 décembre 1344 reconnaître tenir en fief d'Aymar de Roussillon-Annonay,sa maison de 1'Emerini è re(Mirinery),avec ses dépendances,le moulin du Sardon et la part de la justice haute,moyenne et basse,qu'il possédait au château et mandement de Chagnon.

Cette même année,un différend s' éleva entre le comte de Forez et l' église de Lyon,qui possédait pour partie la seigneurie de Chagnon,au sujet des droits de justice et de seigneurie dans le village et la paroisse de Saint Christôt-en-Jarez.

Depuis quelques années les officiers du comte avaient fait placer un pilori,dans le village de Saint-Christôt,comme dépendant de la justice de Fontanez. L'Eglise de Lyon réclama contre cette prétention,et il fut procédé ,le 3 décembre 1344, à une enquête,pour déterminer,d'une ménière exacte,les limites du mandement de Chagnon.Or,de cette enquête,qui démontre que Saint-Christ ô t avait fait partie à toute époque,de ce mandement et non de celui de Fontanez. il résulte que ses limites devaient être fixé

fixés par les points suivants:d'abord le ruisseau du Feuillet, servant de limites avec la seigneurie de Riverie,qui comprenait à cette époque la paroisse de Saint~Romain-en-Jarez,le chemin passant à la Roche Mortevielle ,qui séparait le mandement de Chagnon de celui de Chatelus,puis la Croix des Rampaux de Saint Christôt,le lieu appelé Arzilliers,le ruisseau de Vernay. le moulin de Gotelle et un fossé appelé l'Esparre de Sorbiers qui fixaient les limites de la seigneurie de Fontanez,appartenant au comte de forez.

Ajoutons que l'intérêt de topographie historique que présente le procès verbal de cette enquête,n'est pas le seul Il nous révèle en outre certaines particularités,dignes d' être notée,au point de vue de la durée de la vie humaine, à cette, époque.

Ainsi,le premier témoin,entendu à la requête de l'Eglise de Lyon, Jehan Serchant, ancien sergent, (officier de justice)des seigneurs de Chagnon,déclare qu'il est âgé de 120 ans, et qu'il a "bonne m é moire de 100 ans, Et ce fait n'est pas ; isolé, car le 6 ième témoin, Pierre Rossez de la Chal , âgé de 50 ans déclare que plusieurs des faits dont il dépose, lui ont été dévoilés par son père,"qui avoit 120 ans,quand il morut.

Assurément,jamais juge enquêteur n'a eu l'occasion de constater de pareils exemples de longévité ,dans tout le cours de sa carrière judiciaire.

Quand à la famille Godechaux,elle existait encore à la fin du XIV siècle,Car le 1er Avril 1391 , jean Godechaux, damoiseau,de Condrieu, rend hommage pour cens et rentes au mandement de la Tour en Jarez.Mais à compter de cette époque, on ne la trouve plus possessionniée à Chagnon.


Les d'Augerolles et le Cardinal de Saluces.

Depuis le commencement du XIV ième siècle, les d'Augerol- les Seigneurs de Saimpolgue, possédaient à Saint-Martin-la-Plaine et à Rive-de-Gier,des biens et des rentes nobles,dont ils firent à plusieurs reprises, hommage à l'Eglise de Lyon, On ne doit donc pas être surpris de voir,un siècle plus tard,Guillaume d'Augerol- les,dit du Vernet,seigneur de Saimpolgue,en possession de la seigneurie de Chagnon,

Mais,par un acte de vente du 28 mai 1408,Guillaume d' Augenolles, vendit à Amédée de Talaru, chantre de l'Eglise de Lyon, devenu plus tard archevêque de cette ville,le château et la juridiction de Chagnon, avec les rentes, cens et redevances de toutes natures, relevant du fief de l'Eglise de Lyon,qu 'il possédait dans les paroisses de Chagnon, Cellieu, Rive-de-Gier, St-Paul-en-Jarez, St-Martin-la-Plaine, St-Genis-Terrenoire, St-Christot-en-Jarez et autres localités voisines.

Toutefois le vendeur se réserva une maison dans le bourg fortifié de St-Martin-la-Plaine,et une mine de pierre(mina lapidea),qu'il possédait à St-Genis-Terrenoire. S'agissait-il l à d'une simple carrière de pierres à bâtir ou d'une mine de houille? Dans ce dernier cas,cette mention serait une des plus anciennes de l'exploitation de la houille dans le pays de Jarez.

Mais par une élection en ami, Amédée de Talaru céda tous ses droits à Amédée de Saluces, archidiacre de Lyon et cardinal,qui prit possession effective du château de Chagnon et de ses dépendances.A sa mort,survenues en 1419,le cardinal de Saluces affecta,par son testament,les revenus de cette seigneurie à l'entretien de deux prébendiers dans la chapelle de St-Thomas, martyr,qu'il avait fondée dans l' église primatiale, à la charge de dire une messe chaque jour,dans cette chapelle,pour le repos de son âme.

Ces dispositions furent fidèlement exécutées par le chapitre,et c'est pour en assurer l'exécution,que fut dressé ,en 1424,un terrier,sur lequel figuraient toutes les redevances perçues ,avec cette affectation,dans les quatre paroisses de St-Christôt-en-Jarez, St-Martin-la-Plaine,Rive-de Gier et St-Genis- terrenoire.Mais à compter de ce moment, une confusion s'opéra entre cette part de la seigneurie de Chagnon et les autres possessions de 1'Eglise de Lyon. Aussi n'est-il plus question de foi et hommage la concernant.

Les Salzac et les de Laire.

La possession d'une partie de la seigneurie de Chagnon par la famille de Salzac, se rattache évidemment à celle de la famille de Mays. Car lorsque Béatrix de Salzac,dernière héritière de cette famille, épousa,le 19 Juillet 1387,Rodolphe,plus connu sous le nom de Raoulet ou Rolet de Laire,elle lui apporta non seulement la terre de Chagnon,mais encore celle de Cuzieu,


C'est ainsi que le II Mars1388,Raoulet de Laire, damoiseau,reconnut au nom de sa femme,Béatrix de Salzac,tenir en fief la troisième partie du château de Chagnon,d'Humbert VII de Thoire-Vlllars,posseseur de toutes les terres de Roussilon-Annonay, du chef de sa femme,Alix,fille unique d'Aymard de Roussillon.

La famille de Laire é tait originaire du Dauphiné, où elle possédait de nombreuses terres dans le Valentinois.Et ce I n'est que vers le milieu du XIVi ème siècle,que l'une de ses branches se transporta dans le Forez, où nous la trouvons depuis cette époque en possession de la seigneurie de Cornillon.

Rolet de Laire était,en effet,le troisième enfant de Robert de Laire,seigneur de Cornillon,qui lui donna pour apanage la seigneurie de Doizieu.

Ainsi se forma la branche de Laire-Cuzieu qui se maintint,pendant près d'un siècle en possession de ces trois seigneuries.

A cette branche appartient Antoine de Laire,seigneur de Cuzieu,Chagnon et Doizieu, qui abénévisa, le 17 ao û t 1443, à Jean Andro, meunier à Doizieu,une petite place carrée au-dessous de son château. Son fils Louis de Laire,aussi seigneur de Cuzieu et de Chagnon é pousa Agnès de Chalus, dont il eut deux enfants:

1 ° Guy de Laire

et 2 ° Anne de Laire,mariée,en 1474, à Jean Mitte de Chevrières,troisième du nom,Guy de Laire est qualifié de seigneur de Cuzieu,de Chagnon et de Doizieu,dans un acte d'abénévis de d î mes consenti par lui,en 1485, à Vincent du Font,de la paroisse de Doizieu. Mais il mourut jeune encore,sans laisser de postérité et sa soeur recueillit tous ses biens, qui passèrent ainsi à la maison des Mitte de Chevriè res.


Les Mittes de Chevrières,seigneurs de Chagnon,

Jean Mitte, troisième du nom,devenu ainsi seigneur de Cuzieu,Unias,Chagnon et Doizieu.fut fait chevalier à la journée GUinegate.près de Thérouanne,en 1479.Riche et grand seigneur,il reçut,avec magnificence,le roi Charles VIII,dans son ch â teau de G r é zieu,en 1496.Mais trois ans plus tard,o ù il avait fait l'acqui­ sition des seigneuries de Lignon en Velay et de Souzy en Lyonnais, qui lui avait été vendues par Jean de Rochebaron,quand il tomba malade à son retour.Contraint de s'arrêter à Riverie.il y mourut le 1er février 1499.Et de l à son corps fut transport é à Chevrières où il fut inhum é au tombeau de ses ancêtres.

Anne de Laire, sa veuve,mourut en 1506,et son fils,Louis Mitte,deuxième du nom, hérita des terres de Chevrières,de Grézieu,Cuzieu et de Chagnon.Lui aussi suivit glorieusement la carrière de armes car il assista à la bataille de Agnadel en 1509, fut bléssé à la bataille de Ravenne en 1512 et se distingua à Marignan.en 1526.Apr è s avoir pris le nom de Miolans,en 1524, il mourut en 1529, à Chevrières,dont il avait fait rebâtir le château.

A sa mort,Chagnon passa à son fils a î n é ,Jean Mitte, quatri è me du nom,qui fut d'abord page du roi Fran ç ois 1er, à l' â ge de 15 ans.et se distingua ensuite dans Dix-huit campagnes,en Italie et ailleurs,sous le règne de trois rois.Mais dès le 9 janvier 1536, il céda à son frère,Antoine, seigneur de Cuzieu,tous les biens et droit de seigneurie qu'il possédait à Chagnon,en échange de la terre qu'il avait à Grézieu le Fromental.


Mais bien que les seigneuries de Cuzieu,Unias et Chagnon.aient passé aux mains des Mittes de Chevrières il paraît néanmoins qu'il en jt autrement de celle de Doizieu.C'est ainsi que Louis de Laire,chevalier seigneur de Doizieu,consentait encore,en I498,un abénévis à Doizieu. à un nommé Claude Bernard Dumas,puis en 1536 un autre abénévis de prise d'eau pré des Gaux et du Pons aux consorts Berlier et autres, sur la rivière du Dorlay.Enfin une croix gothique,qui existe encore sur la place du village de Doizieu, fut donnée,en 1547, à la paroisse, par Louis de Laire, seigneur de Doizieu.

 

Pierre de Flagheac,seigneur de Chagnon,

Pierre de Flagheac ou Flageat, chevalier de l'ordre du roi et capitaine de 50 hommes d' armes de ses ordonnances, tenait ses droits de sa m è re ,Louise de Cuzieu.Dans un acte dont nous allons parler,1597,il se qualifie de baron de Saint-Romain et de seigneur de Cuzieu et de Chagnon. Il était aussi seigneur de Valfleury,et c'est ainsi que ses armoiries, accompagnées de celles des Mittes et des Rostaings,ont é t é trouv é es, s culptées sur pierre,lors de la démolition de l'ancienne église de Valfleury en 1833.

Pierre de Flageac avait épousé ,en effet,en 1586, Marguerite de Rostaing, fille de tristan de Rostaing qui passa sa vie entière à la cour de des Valois.Le 26 juin de la même année, il figure aussi dans l'acte de vente de la seigneurie de Feugerolles,consentie par Jacque de Lévi à ALexandre de Capponi.

Puis par un acte du 27 mai 1597,il c é da ,en qualit é de seigneur [Chagnon, à noble Pierre Allard, seigneur d u Sardon.C onseiller du roi en la Sénéchaussée et Siège présidial de Lyon, auditeur de camp au go uvernement dudit Lyon, juge mage pour sa Majest é au pays de Bresse, tous les droits de justice, haute,moyenne et basse, qu'il possède sur le moulin du Sardon et dans la terre et seigneurie de Chagnon, suivant les limites déterminées par la rivière du Gier de matin, la rivière de la Durèze de bise, le chemin de Saint-Genis au pont du Reclus de soir et le grand chemin tendant du rieu de pont.

Valin de vent.

Ce document nous indique notamment que le ch â teau actuel du Sardon ne fut bâti qu' à cette époque.Car jusqu' à ce moment il n'est fait mention dans les actes de foi et hommage, comme dans l'acte de cession des droits de justice,que nous venons d'analyser, que de l'existence d'un moulin au lieu du Sardon,

Nous avons dit que Pierre de Flageat tenait ses droites de sa mère ,Louise de Cuzieu, Ajoutons que Louise de Cuzieu avait épousé M.de Plageac,d'une ancienne famille d'Auvergne,et que Pierre de Flageac,de son mariage avec Marguerite de Rostaingene laissa que deux filles: I° Louise de Flageac, épouse de Christophe d'Alègre,et Marguerite de Flageac, mariée en secondes noces, à Emmanuel 1er,comte de Crussol,troisième duc d'Uzès.

Et c'est ainsi que s'explique la transmission de la seigneurie de Chagnon à la famille de Crussol.

GLOSSAIRE

abénévis: redevance féodale par laquelle un seigneur revendait une terre laissée inculte ou vacante. Certains droits, certaines concessions, des prises d'eau donnèrent lieu à des abénévis. Contrat pour jouir sans limitation de durée. .

prébende: revenu attaché à une église provenant généralement d'un legs; le plus souvent un ensemble de biens fonciers mis en fermage, le bénéfice revenant aux prêtres de la paroisse.

terrier: pour percevoir les droits féodaux et ne pas les laisser périmer, il était tenu des registres appelés terriers où étaient consignés les noms des tenanciers, l'étendue et la situation des tenures, ainsi que les redevances dont elles étaient grevées. Ces terriers étaient rédigés par les notaires à la charge des obéanciers. A partir du 17ème siècle des cartes furent établies, ancêtres du cadastre moderne.

Taille: est une sorte de complément du servis; souvent le terrier n'indique qu'une somme globale dont la moitié comme servis, la moitié comme taille (jusqu'à la fin du Moyen-Age). Par la suite, la taille royale est fixée par l'intendant dans chaque élection; les consuls de chaque communauté répartissent ce montant entre les taillables, ils établissent le rôle des tailles.

 

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