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Au VIème siècle : saint
Theudère et la fondation du monastère
Saint Theudère, né au
début du VIème siècle à Arcisse,
hameau de Saint-Chef, distribue à sa majorité
tous ses biens pour se consacrer à Dieu. Se dirigeant
vers le célèbre monastère de
Lérins, il est retenu en Arles par
l’évêque Césaire (470-543). Devenu
prêtre, il revint dans sa région natale pour y
fonder des lieux de culte. Il choisira ce vallon
retiré et sauvage appelé Val Rupéen
pour y créer son plus important monastère.
Appelé à Vienne comme reclus, sorte
d’intercesseur entre Dieu et les hommes, il y meurt en 575.
Il est enterré dans son monastère où se
développe un culte à sa
mémoire.
De 891 à 1536
: le monastère bénédictin
Suite à des raids barbares,
l’abbaye alors saccagée est reconstruite en 891 par
un nouveau groupe de moines qui adopte la règle de
saint Benoît. Richement doté par le pape
Formose et l’évêque de Vienne Barnoin, l’abbaye
prospère et s’impose comme un lieu d’enseignement,
assez réputé pour se voir confier
l’instruction du jeune comte Hugues de Provence, futur roi
de Bourgogne. Ce dernier fera en 923 une importante donation
à l’abbaye. L’église est alors reconstruite
sous l’impulsion des archevêques de Vienne saint
Thibaut et saint Léger aux Xème et
XIème siècles. Au XIIème siècle,
le transept de l’église est entièrement
recouvert de peintures murales. Ces fresques
témoignent encore aujourd’hui du rayonnement
spirituel et de la richesse de l’abbaye qui étendait
alors son patronage sur plus d’une centaine d’églises
et de prieurés de la région. A la suite de
troubles au sein de l’abbaye, les moines n’arrivant pas
à se décider pour l’élection de leur
abbé, l’archevêque de Vienne devient
abbé perpétuel de Saint-Chef en
1320.
Le temps des
chanoines: 1536-1774
Profitant d’une visite de
François 1er à Saint-Chef, en 1535, les moines
lui demandent d’écrire au pape Paul III pour avoir
l’autorisation de transformer l’abbaye en une
collégiale noble de 28 chanoines. Surtout
intéressés par les revenus de l’abbaye, ces
laïcs devaient justifier de quatre quartiers de
noblesse
Prétextant le mauvais air du
lieu dû à la proximité du marais, les
chanoines demandent leur transfert à Vienne.
Après de longues années d’enquêtes et de
discussion, le chapitre de Saint-Chef est uni à
l’abbaye de Saint-André le bas à Vienne en
1774. Ils emportent avec eux la chaire de marbre et deux
grosses cloches, dont une seule arrivera entière
à destination.
De la
Révolution Française à nos jours
Suite au départ des
chanoines, auquel s’ajoutent les saccages de la
Révolution en 1793, l’abbaye disparaît et ses
bâtiments sont détruits ou transformés.
La cité abbatiale a laissé son empreinte dans
ce charmant village des Balmes dauphinoises: maisons
à tourelles, portes historiées, baies à
meneaux dans le bourg; vestiges du château
féodal et de ses fortifications sur les
hauteurs.
Mais le joyau de Saint-Chef
précieusement conservé, réside dans
l’église, seul témoin de l’abbaye du
XIIème siècle.
Classée Monument historique
par Prosper Mérimée sur la première
liste de 1840, cette belle construction romane abrite un
ensemble de peinture murales du XIIème siècle
d’une rare qualité artistique et iconographique.
Illustrant des scènes de l’Apocalypse de saint Jean,
dans un style romano-byzantin. C’est sur cette terre de
contraste composée de bois de châtaigniers,
d’étangs et de sablières, de plaines, de
plateaux et de coteaux propices à la vigne que se
développe le Saint-Chef d'aujourd'hui.
Quant à la réputation
des vins du coteau de Crucilleux elle est toujours
d’actualité.
Un pays tel que celui de Saint-Chef
d'une telle épaisseur et richesse culturelles, ne se
devait-il pas de voir grandir des personnages aussi
célèbres que Louis Seigner, Marius Riollet ou
Frédéric Dard ?
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